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Réflexion sur l'écriture

J’ai toujours visé un certain but avec les mots. Les effets que je veux donner au langage prennent justement des détours intérieurs, profondément lointains de ma conscience qui ne veut jamais totalement parvenir à la surface du corps, de l’être donné. Je recherche constamment ce qui me fera dévier de la source centrale de la parole. Des détours, des torsions, une ironie tirée par les cheveux mêlés de ma pensée en touffe. J’ai un afro sur la tête, mais à l'intérieur également, et je refuse d’en lisser la texture, plutôt je m’y fraie un chemin et je tourne en rond dans les entrelacements qui ne se déferont jamais sous mes doigts intrusifs, j’y passe la main et recrée des noeuds encore plus serrés. Imaginez seulement un tiers qui ne saurait démêler mon tas de branches, par quel bout prendre la tignasse. [Lire la suite]

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À l'origine de tout apprentissage, il est intéressant, nécessaire même, d'apprendre l'ensemble des règles, de les appliquer méthodiquement et de les explorer en profondeur; puis, après un temps suffisant, commencer à déconstruire tout ce que vous avez appris. Comme une toile complexe que l'on effile après l'avoir pourtant tissée avec acharnement et patience. C'est ainsi seulement que nous retrouvons la matière sous-jacente de cet agencement particulier, de ces formes dans lesquelles nous avons moulé notre pensée.
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Série 1

Les 3 surfaces de sensation


Homonculus ou l'être sensoriel



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État morbide d'un sujet qui a l'impression qu'on agit sur lui à distance, ses différentes activités psychiques étant ressenties comme étrangères à sa propre personnalité. (Quillet Suppl. 1971)



Un mot de l'auteur

 La volonté d’écrire découle souvent d’une nécessité spirituelle, d’une guérison ou d’un renforcement de la conscience. L’usage et la maîtrise des mots servent à corroborer une certaine impuissance de la parole, de combler ses insuffisances. Écrire révèle l’impossibilité de dire, de formuler des pensées, malgré leur profonde évidence intérieure, mais écrire révèle également la possibilité de mettre les bons mots sur les bonnes choses et de rendre la pensée transparente à elle-même. Dès lors, cette tension entre l'intelligibilité du langage et l’ambiguïté du discours intérieur est l'un des premiers terrains de la littérature. La distance qui existe entre la réalité des sens et la réalité des mots qui veulent la décrire constitue le jeu même de l’écriture. Les multiples couches de sens qui composent l’esprit du langage est à la fois le problème et la solution de l’écrivain, car c’est parmi elles qu’il trouve sa profondeur, qu’il est en mesure de creuser la terre de son savoir, mais parfois de s’y perdre au risque de prendre les mots pour la seule réalité valable. A priori, les systèmes de mots nous permettent d’utiliser les mêmes symboles pour exprimer les mêmes choses, mais à mesure que les humains tentent de décrire des objets et des phénomènes de plus en plus complexes, impalpables, les définitions se confondent et les individus se regroupent selon leur propre vision des mots, selon leur propre façon de décrire le réel. Ainsi, les communautés de pensée, les idéologies, ne sont pas uniquement le fait d’une proximité culturelle, mais le fait d’expériences et de références similaires. Un groupe parle le même langage, car il y a construit son propre sens et ses propres définitions quant à certains concepts. Les oppositions de discours découlent en grande partie d'une corruption du langage, d'un mépris des définitions, d'un usage détourné des mots. Ces derniers devraient avant tout nous permettre de communiquer et de créer des projets collectifs pour renforcer notre qualité de vie, et non pas comme outil pour donner raison et manipuler les idées. Disposons du langage afin de partager des idées, de nourrir le dialogue et de clarifier la pensée, à défaut d’en faire une finalité et une contrainte. Faisons également de la complexité des mots un jeu, un moyen de manipuler les possibilités de sens et de réinventer leur irréalité. Créons de l’art avec les mots! [Lire]